L’irresponsabilité de Donald Trump ne doit pas nous faire renoncer à l’ambition écologique !

La décision unilatérale de Donald Trump de retirer les Etats-Unis des accords de Paris sur le climat est désolante.

C’est un manque de respect à la parole donnée aux 196 autres pays qui ont signé ce texte. Seuls deux pays au monde n’étaient pas parties de l’accord : le Nicaragua parce qu’il l’estimait trop peu ambitieux, et la Syrie, car ravagée par la guerre ! Les voilà donc rejoint par la première puissance du monde…

Cette décision décrédibilise personnellement le Président Trump. Elle montre qu’il n’a pas compris que l’isolationnisme n’est plus une option dans une planète mondialisée où nous sommes devenus interdépendants. De même que le nuage de Tchernobyl ne s’était pas par magie arrêté aux frontières de la France, le réchauffement climatique n’a aucune raison d’épargner les Etats-Unis. Nous sommes tous sur la même planète !

Donald Trump n’a pas pris la mesure des enjeux dramatiques qui sont devant nous. Son climato-scepticisme est nié par les faits scientifiques. Selon les données du GIEC, si nous continuons à consommer et produire comme aujourd’hui, la hausse globale des températures atteindra + 3,7 à + 4,8°C à la fin du siècle par rapport à 1850-1900, ce qui pourrait se traduire par une multiplication des catastrophes naturelles, la hausse du niveau des océans, la disparition de milliers d’espèces, l’augmentation des crises alimentaires et des dizaines de millions de réfugiés climatiques supplémentaires… Personne ne peut vouloir que ces prévisions terribles adviennent dans les années à venir.

Pourtant l’annonce de Donald Trump compromet gravement l’objectif, acté à Paris, de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C. Car les Etats-Unis, à eux seuls, pèsent pour près de 15% des émissions de CO2 (contre 9% pour l’Union européenne et 26% pour la Chine). Aucune lutte contre le réchauffement climatique ne peut être efficace sans l’engagement plein et entier des Etats-Unis.

Bien sûr, la société civile américaine s’est déjà largement désolidarisée de l’annonce de son Président et peut la contrebalancer par des initiatives locales. Ainsi le maire de Pittsburgh, Bill Peduto, a déclaré « nous suivrons les directives de l’accord de Paris pour nos administrés, notre économie et notre avenir » en réponse à Donald Trump qui avait dit « j’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris »… Il n’en reste pas moins que c’est l’impulsion présidentielle qui compte et que le message envoyé est désastreux. Il faut espérer que les pressions internationales le fassent revenir sur sa décision.

A cet égard, je veux saluer la réaction d’Emmanuel Macron qui a été digne et ferme. Cela ne doit pas occulter que la fameuse « diplomatie de la poignée de main » louée par les médias extatiques est un échec. A l’issue du G7, ce 27 mai, Emmanuel Macron avait fait preuve d’optimisme : « Il y a quelques semaines encore, on pensait que les Etats-Unis allaient quitter le cadre des accords de Paris et qu’aucune discussion ne serait possible. Il y a eu un progrès, une vraie discussion »… Force est de constater que la « vraie discussion » n’a pas ébranlé les certitudes du président américain !

Toutefois, à toute chose malheur peut être bon. Comme le Brexit doit être saisi comme une opportunité pour l’Europe de regagner plus de cohérence et de rapatrier sur le continent une part de l’activité économique britannique, ce « Trumpexit » doit devenir une chance pour nous. Il y a dans le secteur du développement durable des gisements absolument extraordinaires de croissance, d’emploi, et d’amélioration de la qualité de vie. Si les Etats-Unis désertent ce domaine, à nous de montrer que l’épicentre de l’exemplarité en matière d’écologie s’est déplacé en Europe en tenant nos engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre et en accélérant la transition énergétique. A nous d’ouvrir grand les bras aux chercheurs et aux entreprises innovantes qui voudront chercher une nouvelle terre d’accueil hors des Etats-Unis. Si nous sommes intelligents, attractifs et créatifs, nous pouvons tirer parti de la folle décision de Donal Trump.

Notre planète est en jeu. Nous ne pouvons pas être pris en otage par un Président incontrôlable. L’Europe, la France et les autres Etats parties de l’accord de Paris doivent dès maintenant prendre leurs responsabilités et lancer des initiatives communes majeures pour montrer que l’espoir né de la COP21 n’est pas mort. Le 21ème siècle sera écologique ou il ne sera pas !

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