Après le nouveau drame de Manchester, vite un tournant sécuritaire !

Depuis janvier 2015, l’Europe a subi une succession d’attentats, inédite dans son ampleur et sa violence. Les terroristes islamistes ont frappé à Paris, Nice, Bruxelles, Londres, Berlin, Stockholm, Saint-Pétersbourg et donc, hier à Manchester, tuant et blessant des dizaines d’innocents, dont des enfants.

A chaque fois, les gouvernements et les peuples européens ont fait preuve d’une dignité et d’une modération exemplaires : honorant leurs victimes dans la paix, évitant toute stigmatisation des populations musulmanes vivant en Europe et renforçant leur politique anti-terroriste dans le cadre de l’Etat de droit. Cette pondération est l’honneur de nos sociétés démocratiques libres.

Pour autant, l’attaque de Manchester le prouve, les ajustements de nos politiques anti-terroristes opérés depuis deux ans sont insuffisants. Certes, des progrès ont été réalisés : il serait injuste de dire, par exemple, que François Hollande et Manuel Valls n’ont rien fait alors qu’ils ont pris conscience du danger et mis en œuvre certaines mesures positives, notamment l’augmentation des moyens financiers et humains accordés à la DGSI et au ministère de la Justice. Certes un certain nombre d’attentats ont été évités par l’action des services européens. Mais Daech continue à nous frapper régulièrement de façon meurtrière. Les pays européens restent vulnérables : les services ne coopèrent pas assez efficacement, les frontières sont poreuses, les effectifs insuffisants, la lutte contre l’islamisme radical entravée par la peur du politiquement correct…

Je pense qu’il faut passer à la vitesse supérieure, et vite, d’autant plus que les territoires de Daech en Syrie et en Irak étant de plus en plus circonscrits par la progression de la coalition internationale, l’Etat islamique va probablement chercher à déplacer davantage le combat en Europe en y envoyant des djihadistes ou tentant d’actionner des terroristes qui sont déjà sur notre sol.

Je plaide depuis des mois pour un tournant sécuritaire majeur. Dans notre malheur, nous avons une chance, nous connaissons notre ennemi, Daech, et ce qui lui sert de matrice intellectuelle, l’islamisme radical. L’enjeu est donc à la fois d’éradiquer la menace de Daech d’un point de vue opérationnel et de mener un combat culturel sans pitié contre l’islamisme radical qui fournit le logiciel du djihadisme. Il faut une action en deux temps visant à réarmer la France sur les plans sécuritaire et patriotique.

D’abord un réinvestissement massif dans le régalien, qui est le cœur de métier de l’Etat avec : le basculement assumé d’une part importante des dépenses publiques du social vers la sécurité intérieure et la défense nationale ; la création d’une Agence technologique du renseignement qui serait une « NSA » à la française ; la mise en place d’une chaine pénale anti-terroriste dédiée.

Ensuite, un réarmement patriotique et républicain avec : un code de la laïcité et des cultes qui permette de sanctionner tout propos ou comportement relevant de l’islamisme radical et qui soit intransigeant sur la défense de nos valeurs à commencer par l’égalité entre les hommes et les femmes ; la création d’un service national et la réhabilitation du patriotisme à l’école pour transmettre l’amour de la France.

C’est en œuvrant sur ces deux registres que nous remporterons le combat contre le terrorisme islamiste.

A cet égard, le projet d’Emmanuel Macron et d’En Marche ne va pas assez loin. S’il est vrai qu’il propose de recruter 10 000 policiers et gendarmes, je considère, à titre personnel, qu’il en faut le double ainsi que des magistrats et des soldats supplémentaires ! Sur la question de la lutte contre l’islamisme radical, En Marche ne formule rien de concret. Le mouvement se dit plutôt favorable à un modèle communautariste à l’anglo-saxonne : la nouvelle ministre à l’égalité femme-homme n’a-t-elle pas appelé à la suppression de la loi de 2004 interdisant le port du voile à l’école ?

L’enjeu des semaines à venir est donc de tout faire pour peser afin d’être en mesure d’imposer un véritable tournant sécuritaire, que les candidats d’En Marche, souvent transfuges du PS, ne voudront jamais mettre en œuvre !

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