Un pays sans opposition est un pays dont la démocratie est en danger

FIGAROVOX/TRIBUNE - L’hégémonie des candidats LREM au premier tour des élections législatives risque d’engendrer un affaiblissement de la démocratie. Jean-François Copé dénonce les candidats refusant le débat et appelle les électeurs de droite à voter pour les candidats des Républicains.

Député sortant, Jean-François Copé est l’actuel maire de Meaux. Il est aussi l’auteur de l’ouvrage Le sursaut français (éd.Stock, 2016).

Au vu des résultats de dimanche dernier, chacun a bien compris que les Français ont choisi de donner une large majorité au président Macron afin qu’il puisse appliquer son programme. Rien de choquant à cela : les citoyens sont fidèles à la logique institutionnelle de la Vème République, voulue par le général de Gaulle.

Il faut 60 députés au minimum pour saisir le Conseil constitutionnel et obtenir qu’il vérifie la conformité d’un texte à la Constitution.

L’enjeu du second tour de ce dimanche n’est donc pas de savoir qui va l’emporter mais de savoir si la majorité En Marche laissera ou non un espace à une opposition parlementaire. Ce n’est pas une question anecdotique : qu’est-ce qu’une démocratie sans opposition audible ? Or, en deçà d’un certain seuil de députés, l’opposition aura toutes les peines du monde à se faire entendre et à jouer son rôle de contre-pouvoir. Deux illustrations concrètes pour illustrer ce fait : il faut 60 députés au minimum pour saisir le Conseil constitutionnel et obtenir qu’il vérifie la conformité d’un texte à la Constitution. À part En Marche, aucun autre parti n’est assuré d’atteindre ce seuil à l’Assemblée nationale. En outre, si l’opposition n’est pas en nombre suffisant, elle n’aura pas assez de temps de parole pour débattre de textes complexes ou relayer l’indignation des Français concernant telle ou telle affaire judiciaire mettant en cause un ou plusieurs ministres, comme c’est le cas aujourd’hui pour cinq d’entre eux, dont le Garde des Sceaux !

Si la victoire d’En Marche est trop écrasante, le risque est donc que l’opposition se déplace de l’hémicycle, où elle devrait s’exprimer naturellement, vers la rue, où tous les excès sont à craindre.

Si la victoire d’En Marche est trop écrasante, le risque est donc que l’opposition se déplace de l’hémicycle, où elle devrait s’exprimer naturellement, vers la rue, où tous les excès sont à craindre.

J’ajoute que les triomphes exclusifs entraînent souvent des comportements hégémoniques écrasants et arrogants. Les sociétés de journalistes de vingt-trois médias, dans un communiqué commun du 13 juin, ont ainsi jugé que le gouvernement envoie « des signaux extrêmement préoccupants » au regard de l’indépendance des médias et de la protection des sources. De nombreux candidats En Marche ont aussi refusé de participer à des débats libres, organisés par les médias, face à leurs adversaires du second tour, quelle que soit leur étiquette politique. C’est le cas dans toute la France : en Seine-et-Marne, dans l’Essonne, le Nord, les Yvelines, le Val-de-Marne, l’Allier, l’Aube, le Rhône… comme s’il y avait eu des consignes nationales d’En Marche pour que ses candidats, souvent parachutés et mauvais connaisseurs des dossiers locaux, ne prennent aucun risque à la veille du second tour ! Le débat du 2nd tour de la présidentielle a pourtant illustré, à l’avantage d’Emmanuel Macron d’ailleurs, combien il était essentiel pour les citoyens d’assister à une confrontation des candidats entre lesquels ils doivent choisir. Ce déni délibéré de démocratie augure mal de l’espace accordé au pluralisme si En Marche obtient une majorité sans partage. Emmanuel Macron lui-même, le 28 février dernier à Angers, disait qu’il n’était pas « souhaitable, parce que ce serait un hold-up » qu’un Président ait « une majorité uniquement avec son parti ». Nous y sommes pourtant !

J’appelle solennellement les Français à voter massivement ce dimanche pour les candidats de la droite et du centre !

En somme, un pays sans majorité est un pays qui ne peut pas se réformer mais un pays sans opposition est un pays dont la démocratie est en danger.

Pour qu’une opposition constructive et raisonnée puisse faire entendre sa voix durant les cinq ans à venir, pour que le pluralisme démocratique ait droit de cité, pour éviter que toute confrontation se déroule frontalement dans la rue, j’appelle solennellement les Français à rééquilibrer la donne politique issue du 1er tour en votant massivement ce dimanche pour les candidats de la droite et du centre !

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