Jean-François Copé : "La démocratie a une limite, l’inefficacité"

Après une journée passée autour de Marseille, hier, le candidat à la primaire à droite et député-maire de Meaux a expliqué vouloir légiférer par ordonnances.

Sécurité, transports, urbanisme. Incontournable pour tout candidat à la primaire à droite. Jean-François Copé s’est plié hier à la règle dans les Bouches-du-Rhône, comme la veille dans les Alpes. L’ancien président de l’UMP qui s’était mis 18 mois à la diète médiatique après l’affaire Bygmalion a resurgi en janvier avec un livre et un programme. Le député-maire LR de Meaux est passé hier dans la rédaction et le studio de Laprovence.com

On ne sait plus combien de candidats compte cette primaire à droite. Comment y voir clair ?

Jean-François Copé : Cette primaire est importante dans la mesure où il n’y a pas de leadership ni de ligne politique incontestable. Ce sera très bien que tous les Français puissent trancher.

Le risque n’est-il pas la foire d’empoigne, comme vous l’avez vécue il y a quelques années ?

J-.F.C. : Il y aura forcément des petits dérapages, c’est sûr, mais ce sera une vraie confrontation. Il vaut mieux l’avoir six mois avant la présidentielle. On aura alors un candidat incontesté.

En quoi votre candidature est-elle indispensable ?

J-.F.C. : Je ne sais pas si elle indispensable. Je veux remettre la droite décomplexée dans le débat public. Elle est orpheline. Une droite qui assume, qui est fière de ses valeurs, qui ne fait pas de langue de bois sur la laïcité, le communautarisme. Et qui décide. Quand je vois François Hollande ne cesser de reculer... À force, on échoue. Assumons.

Vous voudriez légiférer par ordonnances. N’est-ce pas se couper du peuple ?

J-.F.C. : Au contraire. Les Français en ont marre de ne pas être commandés. Ils veulent être dirigés. Si on continue les procédures législatives classiques qui mettent 18 mois, tous les bêtabloquants se remettent en place. Regardez les syndicats comme l’Unef où des lycéens bloquent une loi majeure.

Mais c’est l’exercice de la démocratie...

J-.F.C. : D’accord, mais la démocratie à une limite : l’inefficacité. Ce qui compte, c’est décider. Faisons campagne sur une quinzaine de mesures, de propositions dont on a besoin pour débloquer le pays. Je les ai écrites dans Le sursaut français. Si je suis élu, je soumets ces quinze ordonnances au Parlement. Il n’y aura pas de tromperie sur la marchandise. Nicolas Sarkozy préfère des référendums. Je n’y crois pas, c’est refaire l’élection trois mois après. Il faut rétablir l’esprit de commandement.

Sur le fond, qu’est-ce qui vous différencie des autres ?

J-.F.C. : Il y a beaucoup de différences. Sur la sécurité par exemple. Notre pays est vulnérable. À Meaux, ma ville de 55 000 habitants, j’ai commencé par cela. Je propose l’embauche de 50 000 policiers, gendarmes, gardiens de prison. Mais je supprimerai les emplois à vie dans la fonction publique.

La droite au pouvoir a supprimé des emplois sur la sécurité. Comment financerez-vous ?

J-.F.C. : C’est vrai, c’est une erreur d’avoir réduit les effectifs dans la sécurité publique. Je propose la réduction des dispositifs d’indemnisation du chômage, la fusion des Départements et des Régions, puisque les strates sont inutiles. Il y a des économies à faire, j’ai chiffré cela.

Avec le recul, ces 18 mois de pause étaient-ils nécessaires ?

J-.F.C. : Avec la violence de la meute, c’était indispensable de revenir sur mes fondamentaux. Ces attaques étaient injustes, puisqu’à la suite de cette lamentable affaire, je n’ai pas été mis en examen. J’avais été désigné comme un coupable idéal. J’ai appuyé sur pause et de cela est né ce livre. Pour tenir, j’ai pensé à mon enfance, mes parents. Les méchants ne gagnent pas à la fin.

Parlons des méchants. Faut-il s’allier avec Bachar el-Assad pour vaincre Daech ?

J-.F.C. : Notre ennemi numéro un, c’est Daech. Il faut revoir notre copie diplomatique. La France est fâchée avec tout le monde. Assad a commis des crimes extrêmement graves. Un jour ou l’autre, il sera dans un tribunal international. Mais la priorité d’une grande diplomatie, ce sont les valeurs, mais aussi les intérêts. Au premier rang desquels la sécurité de nos concitoyens.

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