Il faut un tournant sécuritaire pour réarmer la France !

Des policiers exaspérés qui manifestent dans les rues pour dénoncer les agressions à répétition dont ils sont victimes. Des enseignants attaqués avec une brutalité inouïe par des élèves ou leurs parents. Des personnels soignants molestés et frappés aux urgences. Depuis quelques jours, la France est frappée par une flambée de violence sidérante. Est-ce une simple coïncidence ? Malheureusement, non. Car ces tristes évènements ont tous en commun la volonté délibérée de s’en prendre aux symboles de l’autorité : un policier, un professeur, un médecin. Oui, c’est le principe même d’autorité qui est battu en brèche dans notre pays par des voyous sans foi ni loi.

Le plus inquiétant est le sentiment d’impuissance, d’hésitation et de légèreté dont la gauche fait preuve dans ce contexte difficile alors qu’elle devrait sans réserve être en soutien des victimes. Quand des criminels tentent de brûler vif des policiers dans leur voiture, Bernard Cazeneuve se contente de parler avec une incroyable légèreté de « sauvageons ». Et pourquoi pas de « chenapans » ? Le chef du PS, Christophe Cambadélis pense qu’il y a la main du FN derrière les manifestations des forces de l’ordre. On retrouve là la vieille tactique gauchiste qui vise à discréditer toute opposition en lui collant l’étiquette d’extrême droite. C’est insulter les policiers que d’assimiler leur malaise à une radicalisation politique ! Quant à François Hollande, il est aussi muet sur la défense de nos policiers ou enseignants qu’il est disert pour s’épancher sur son « œuvre quinquennale » auprès de journalistes du Monde…

La vérité, c’est que nous payons aujourd’hui le prix de trente ans de reculades des Présidents successifs sur les questions d’autorité. Reculades quand les effectifs de police, de gendarmerie (près de 13 000 postes en moins entre 2007 et 2012) et de l’armée (- 43686 suppressions postes sous le quinquennat précédent) ont été sacrifiés. Reculades quand l’arsenal pénal a été démantelé ou que les constructions de prison ont été annulées. Reculades quand le patriotisme a été abandonné à l’extrême droite au motif que cela était ringard. Reculades quand l’égalitarisme aveugle a été convié dans l’enceinte des classes, mettant la parole du maître au même niveau que celle de l’élève. Ces années de démission ont mené à cette situation insupportable où, en France, le simple fait de porter un uniforme ou d’exercer un magistère peut faire de vous une cible !

Une fois ce constat posé, que pouvons-nous faire ? Je ne vois qu’une seule solution : assumer un tournant sécuritaire et réarmer la France. C’est ce projet que j’ai proposé aujourd’hui à l’Institut pour la Justice. Il faut la réarmer d’un point de vue régalien : il faut, comme je le demande depuis des mois, un programme massif d’embauche de 50 000 policiers, gendarmes, militaires, magistrats, gardiens de prison. Dans le détail, je veux recruter 10 000 policiers et 10 000 gendarmes pour assurer la sécurité publique du quotidien (renforcement des commissariats et des brigades de gendarmerie) ; 5.000 policiers spécialisés au profit des missions d’investigation et de renseignement (police judiciaire, renseignement), dont 2.500 à la police judiciaire, 1.500 à la DGSI et 1.000 au renseignement territorial ; 5.000 policiers municipaux ; 10.000 personnels judiciaires, soit 5.000 magistrats et 5.000 personnels pénitentiaires ; 10.000 personnels militaires au profit des armées. Certains dans ma famille politique, à commencer par Nicolas Sarkozy et François Fillon, s’évertuent à dire que la sécurité n’est pas une question d’effectifs et proposent peu ou pas de recrutement dans le régalien. Je ne partage pas cette opinion : pour maintenir l’ordre, traquer les délinquants, sécuriser les écoles ou les hôpitaux il faut bien des hommes et des femmes sur le terrain ! Tant qu’il n’y aura pas plus de policiers dans les commissariats, de gendarmes dans les gendarmeries, de magistrats dans les tribunaux nous n’arriverons pas à rétablir la situation sécuritaire en France.

J’assume aussi de dire qu’il faut aider les policiers à pouvoir mieux se défendre face aux délinquants qui les attaquent avec la volonté évidente de les assassiner. Comme le demandent les syndicats de policiers, je propose d’aligner les conditions d’utilisation de leur arme sur celles des gendarmes, qui ont le droit de tirer pour se protéger après sommations. J’y reviens en détail ci-après.

Le réarmement doit aussi être pénal pour éviter tout laxisme. Il faut en finir avec le sentiment d’impunité qui habite ces délinquants « bien connus des services de police » sans cesse arrêtés, sans cesse relâchés. C’est pour cela que je propose la suppression des aménagements et réductions automatiques en prévoyant que la peine prononcée intègre les conditions de son application. En 2009, Nicolas Sarkozy avait fait voter le principe de l’aménagement des peines pour toute personne condamnée jusqu’à deux ans de prison. C’était une erreur. Il nous faudra la corriger. Ainsi je veux interdire une remise de peine avant que les deux tiers de la peine de la peine ne soient effectués. Il faut aussi rétablir les « peines plancher » pour les récidivistes et les étendre aux réitérants. J’ajoute que j’assumerai aussi de rétablir la double peine assouplie en 2003. Cette politique de fermeté nécessitera de construire 20 000 places de prison.

Plus profondément, le réarmement devra être aussi patriotique. L’anarchie est innée mais l’ordre s’apprend ! L’autorité, le respect, le patriotisme doivent être remis à l’ordre du jour. Et cela dès l’école. C’est ainsi que j’ai proposé des cérémonies de lever du drapeau tricolore et de chant de la marseillaise dans tous les établissements scolaires de France. Je souhaite aussi que l’uniforme soit rendu obligatoire pour donner des repères aux français dès le plus jeune âge. Enfin, nous devons mettre en place un projet fédérateur qui rassemblera les Français quels que soient leurs origines. A cet égard, je suis le seul candidat à la primaire, à proposer un service national obligatoire. On ne peut se lamenter sur la montée de l’individualisme et des violences et ne pas vouloir recréer un véritable creuset républicain !

Nous sommes à la croisée des chemins. Si nous ne réagissons pas vite et fort, si nous ne nous inscrivons pas en rupture avec des années de laxisme, si nous laissons policiers, professeurs, médecins à la merci de voyous, si nous ne réarmons par la France alors le délitement déjà à l’œuvre de notre pays s’accélérera peut-être irrémédiablement. On ne recule plus sur l’autorité !

Aligner le régime de la légitime défense des policiers sur celui des gendarmes.

Aujourd’hui, l’usage des armes à feu par les policiers se fonde sur les règles de la légitime défense prévue, comme pour n’importe quel citoyen, par l’article 122-5 du code pénal. Les policiers peuvent donc faire usage de leurs armes dans 3 cas : la légitime défense qui est entendue strictement ; la dispersion d’un attroupement si des violences sont exercées contre des policiers ; la mission de protection autour d’un établissement pénitentiaire. Une loi du 3 juin 2016 a certes prévu une nouvelle hypothèse visant à l’« usage absolument nécessaire et strictement proportionné de son arme » pour empêcher la réitération « d’un ou plusieurs meurtres ou tentatives de meurtre venant d’être commis » qui autorise les policiers à poursuivre des terroristes en fuite. Encore heureux ! Mais le simple fait d’avoir dû le prévoir démontre que c’était auparavant interdit et que tout cela demeure très insuffisant. Les gendarmes sont soumis à un régime différent d’utilisation de leurs armes à feu en raison de leur statut militaire. Un décret de 1903 donne aux gendarmes la possibilité légale d’user de leurs armes à l’encontre des personnes ou véhicules n’ayant pas obtempéré à l’ordre d’arrêter et ne pouvant y être contraints que par ce moyen. Les gendarmes peuvent également utiliser leurs armes à feu quand ils font l’objet de violences, de voies de fait, de menaces de la part d’individus armés ou quand ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent ou les postes et personnes qui leur sont confiés. La différence de l’usage des armes à feu entre policiers et gendarmes avait une origine historique, et pouvait s’expliquer par la difficulté à utiliser son arme en milieu urbain. Cette différence n’a plus aucune justification aujourd’hui surtout depuis les attentats ou les violences dans les banlieues qui ont démontré la nécessité pour les policiers de pouvoir utiliser plus souvent leur arme. Dans ces conditions, je propose d’aligner le régime de la légitime défense des policiers sur celle des gendarmes, en adoptant un texte unique qui unifie le régime des deux forces.

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