CETA, TAFTA : défendons nos fromages !

Gruyère, Saint-Marcellin, Brocciu, Brie de Melun… : autant de doux noms de fromages qui résonnent à nos oreilles mais qui pourraient bientôt se transformer en pâtes laitières méconnaissables.

La protection de nos produits agricoles labellisés au niveau européen (AOP/IGP) est en effet menacée par les accords de libre-échange négociés avec le Canada (CETA) et les Etats-Unis (TAFTA). Plus de 80% des produits français labellisés ne sont en effet pas reconnus par ces accords.

Or les labels européens de qualité certifient le savoir-faire localisé de 1 365 produits alimentaires. Cette signature unique garantit l’authenticité des produits et les protège de toute copie. La France, pays de l’excellence des saveurs et de la gastronomie, rayonne particulièrement à travers plus de 200 produits labellisés. Ils sont les symboles vivants d’une identité culinaire et culturelle forte.

Avec le CETA et le TAFTA, en l’état actuel, ces produits pourront être imités sans scrupule et sans limite par nos partenaires commerciaux. Une saucisse de Morteau canadienne, ça ne vous tente pas ? Un bleu des Causses américain, vous ne trouvez pas ça alléchant ? Une trentaine de nos fromages est ainsi mise en péril dans les deux accords alors que la France a le pouvoir de s’y opposer !

À quelques mois des présidentielles, le Gouvernement réclame avec une insistance électoraliste la suspension des négociations du TAFTA. Plutôt que de pousser des cris d’orfraies, il ferait mieux de peser dans ces négociations pour protéger davantage de produits français labellisés. Ce petit jeu sur le TAFTA lui permet en fait de nous servir sans bruit un plateau empoisonné : la signature du CETA le 18 octobre prochain. Le Gouvernement a le pouvoir de refuser cette signature, mais il n’en a pas du tout l’intention car il y est très favorable. En cela, il sacrifie notre identité culinaire, il sacrifie la qualité de nos produits, il sacrifie une grande partie de nos producteurs.

Inconsistants, sans saveur et sans odeur : les futurs fromages made in CETA risquent de ressembler à l’actuel gouvernement. Il est grand temps de changer de crémerie ! En attendant, opposons-nous fermement à cette action désastreuse et défendons le savoir-faire unique de nos terroirs. Pas un seul de nos fromages ne doit être sacrifié.

Il est urgent de désapprouver l’accord CETA et son application provisoire tant que le traité ne protègera pas tous nos produits labellisés. Je souhaite également que nous exigions, au cours du 15e round de négociations qui s’ouvre le 3 octobre, l’inscription de tous ces produits dans le TAFTA pour protéger notre agriculture et notre culture. A l’image de l’exception culturelle française, nous devons préserver nos spécialités et nos emplois d’une mondialisation à outrance dont les consommateurs et les producteurs ne veulent plus. Il ne s’agit pas là d’un combat d’arrière-garde ou d’une ode à la franchouillardise, mais simplement de dire que notre identité n’est pas solvable dans la mondialisation !

Arrêtons de reculer devant les Canadiens et les Américains. Arrêtons de reculer sur la défense de nos fromages. Soyons plutôt fiers de la richesse de nos terroirs et de nos savoir-faire qui sont un pilier pour que la France entre de plain-pied dans le XXIe siècle.

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