Baisser la dépense publique, c’est possible et c’est vital !

Le 25 septembre, j’ai été heureux d’intervenir à un colloque sur la baisse de la dépense publique organisé par Valérie Pécresse dans le cadre de son mouvement Libres !. J’ai présenté ma vision du paysage politique actuel français en apportant toute mon expérience, en tant qu’ancien ministre du Budget, sur cette problématique majeure.

Depuis 2017, le paysage politique démocratique a profondément changé. Pendant des décennies, il s’est résumé à un clivage droite-gauche. Désormais, la division se fait entre les partis de gouvernement et les partis extrémistes, et en France, l’élection d’Emmanuel Macron a été un accélérateur de ce clivage.

Les partis de gouvernement, ce sont ceux qui sont dédiés par naissance à réformer, à décider, à agir pour les Français. Les partis populistes ou extrémistes n’ont absolument pas cette préoccupation. Leur objectif est de prendre le pouvoir à n’importe quel prix, en se nourrissant des angoisses légitimes des Français.

En vérité, nous faisons face à un combat totalement inégal. Beaucoup ont envers les candidats populistes la plus grande indulgence : Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon peuvent raconter n’importe quoi, on ne leur en portera jamais rigueur. Si un responsable d’un Parti de gouvernement fait, lui, une erreur de chiffre d’une une simple virgule démarre une polémique de quinze jours. Tous sont mis sur le même ring, qu’ils soient boxeurs ou fleurettistes.

Face à cette situation, nous devons avoir un seul et unique objectif : reconquérir les électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron. L’idée folle d’aller chercher tous azimuts des électeurs de tous horizons ne marche plus. Au moment où l’on nous a fait confiance nous n’avons pas fait ce pourquoi nous avions été élus. Nous avons passé notre chance ! Les électeurs attendent aujourd’hui des réformes mais veulent une autre incarnation du leadership que celle d’Emmanuel Macron.

A droite, nous devons donc bâtir un véritable parti d’alternance parmi les partis de gouvernement et ne pas souffrir d’ambiguïté. C’est mon concept de droite décomplexée. Nous devons respecter trois fondamentaux :

  1. Nous sommes Européens. Certes, nous avons conscience des faiblesses de l’Europe mais rien n’est possible sans elle, c’est le cœur même de notre politique.
  2. Nous sommes favorables à la liberté économique à tous les étages tout en défendant un modèle social plus généreux qu’ailleurs.
  3. Nous assumons l’autorité. Nous sommes capables de décider et de mettre en œuvre des réformes dans tous les domaines de la société. Nous devons être ouverts à la modernité pour entrer de plain-pied dans le XXIème siècle.

Sans cela, la seule alternative à M. Macron sera Mme Le Pen ou M. Mélenchon. Face aux extrêmes, nous devons garder une ligne de conduite commune…et proposer une gestion saine de nos finances publiques.

Mieux gérer les finances publiques, le socle d’action de tout parti du gouvernement

La gestion des finances publiques est l’illustration parfaite de ce que doit être un parti de gouvernement. Il y a trois principes à respecter pour assurer une gestion saine des finances publiques :

  1. A l’instar d’un ménage français, nous ne devons pas dépenser plus que ce que nous gagnons.
  2. Les hausses d’impôt ne doivent plus être utilisées comme une variable d’ajustement de tous les caprices venus de l’actualité.
  3. Il faut penser tous les jours que le surendettement, c’est insulter l’avenir de nos enfants.

J’en suis intimement convaincu, la France est parfaitement capable de respecter ces trois règles quand elle le veut. Je l’ai moi-même fait de 2005 à 2007, quand j’étais ministre du Budget. Avec Thierry Breton, ministre de l’Economie, nous sommes parvenus au carré magique : baisse des dépenses publiques, baisse des impôts, baisse du déficit publique et baisse de la dette publique. Nos résultats font rêver aujourd’hui : nous avions atteint 2,3% de déficit public et 63% de dette publique contre quasiment 100% cette année.

Alors, pourquoi Emmanuel Macron n’y arrive pas en matière de budget ?

Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron avance en zigzag et ne s’attaque absolument pas à la baisse de la dépense publique. Il promet des baisses d’impôt à n’en plus finir pour faire oublier l’augmentation folle de la CSG. Il diminue de manière dérisoire le nombre de fonctionnaires et invente en catastrophe un plan contre la précarité dont il n’a pas financé le premier euro. Encore une fois, on a l’impression qu’il faut que tout change pour que rien ne change.

Pourtant, le quinquennat est un compte à rebours où chaque année qui passe est une année de moins pour faire des réformes ! Je plaide pour un gouvernement par ordonnance, comme l’avait fait en son temps le Général de Gaulle, pour prendre tout de suite les décisions les plus importantes. Une loi de réglementation fixant les objectifs de baisse de la dépense publique, de l’impôt, du déficit public et de la dette publique, devrait être votée dès le début du quinquennat.

J’ai quatre idées auxquelles je crois depuis des années en matière de baisse des dépenses publiques.

  1. La fin de l’emploi à vie pour les nouveaux entrants dans la fonction publique d’Etat, territoriale et hospitalière. Beaucoup de pays ont renoncé à l’emploi à vie, je pense à la Suède, aux Pays-Bas, au Portugal. Nous devrions suivre ces exemples.
  2. Relever l’âge de la retraite en nous alignant sur la moyenne européenne de 65 ans. Nous sommes dans un contexte où l’on rentre de plus en plus tard sur le marché du travail et où l’on vit de plus en plus tard.
  3. Réformer profondément l’assurance chômage. On ne peut plus continuer avec un tel niveau d’indemnisation.
  4. Supprimer l’Aide Médicale d’Etat (AME). Prendre en charge gratuitement les frais de santé des étrangers en situation irrégulière sur notre territoire coûte près d’1 milliard € chaque année alors que les Français et les étrangers en situation régulière paient des franchises.

Nous devons aussi agir sur la fiscalité…

  • Ne plus jamais augmenter la CSG, c’est pénalisant pour nos retraités. Si on veut vraiment baisser les charges sociales, il faut augmenter la TVA. L’accroissement de la TVA améliore la compétitivité de nos entreprises : les entreprises hors Union Européenne ne paient pas de charges sociales mais paient la TVA.
  • Baisse des impôts sur le revenu pour les ménages français et les entreprises.
  • Suppression de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). On ne peut pas pénaliser les Français d’être propriétaire de leur maison.

…et sur la dette publique.

  • Réduire le déficit public afin de réduire la dette publique, c’est mécanique.
  • Privatiser ce qui doit l’être. L’État dispose de pourcentages ridicules dans un certain nombre d’entreprises dans lesquelles il n’a aucune influence : 14% chez Air France, 22% chez Orange, 24% chez ENGIE… L’État peut récupérer des centaines de millions d’euros qu’il pourrait réinjecter dans des équipements structurants.

Nous avons devant nous un boulevard pour construire un schéma d’alternative au Gouvernement. Pour y arriver, il ne faut pas craindre de valoriser les gens talentueux et donner l’image d’une droite rabougrie, apeurée par elle-même. C’est en bâtissant des propositions fortes que nous pourrons rassembler les Français autour d’un parti d’alternance de gouvernement. Voilà notre défi pour demain !

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