Incendie de Notre-Dame de Paris
Sidération et désolation. Les mots sont sans doute dérisoires pour exprimer la tristesse poignante que nous ressentons tous aujourd’hui, après avoir vu Notre-Dame s’embraser et se consumer dans un déluge de flammes. Malgré les pertes incommensurables de la charpente millénaire et de la flèche de Viollet-le-Duc, la bravoure, le sang-froid et le professionnalisme des sapeurs-pompiers auront permis à Notre-Dame d’être encore debout. Abîmée, ravagée et défigurée mais, malgré tout, sauvée.
Croyants ou non, Français ou pas, Notre-Dame, nous met tous d’accord. Symbole de notre Nation, joyau de notre civilisation, patrimoine de notre humanité : du haut de ses plus de 800 ans d’existence, Notre-Dame est, comme le disait déjà Jules Michelet, un véritable livre d’Histoire. Henri IV s’y maria, Napoléon s’y couronna, Victor Hugo la conta et Viollet-le-Duc la magnifia. En 1944, dans Paris libéré, en présence du Général de Gaulle, le Te Deum y fut chanté, et en 2015, à la suite des attentats, les parisiens s’y sont spontanément rassemblés. Creuset de l’esprit national et merveille du génie français, Notre-Dame aura survécu à toutes les invasions et à toutes les révolutions, aura témoigné de tant de guerres et de tant de libérations, vu passer de tant de joies et tant désillusions. Le son des cloches de Notre-Dame rythmait la vie de notre pays. Celles des églises de Meaux et de toute la France en ont pris le relais hier soir, peu avant minuit, pour témoigner de l’attachement profond de tout un peuple à ce cœur battant de la France, à ce cœur saignant, mais à ce cœur encore vivant.
Alors que notre pays traverse une période difficile, puisse cette tragédie être l’occasion d’un sursaut populaire et d’une prise de conscience collective. A Meaux, comme ailleurs en France et partout dans le monde, nous comptons apporter toute notre part à la souscription internationale voulue par le Président de la République, afin que Notre-Dame, une fois restaurée, puisse à nouveau nous faire rêver et espérer.