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Sur BFMTV, Jean-François Copé appelle la droite à s’unir face aux populismes
BFM Grand Soir avec Maxime Switek
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Invité de BFM Grand Soir le 8 septembre 2026, Jean-François Copé a défendu une ligne claire pour l’élection présidentielle de 2027 : parvenir à un candidat unique de la droite et du centre droit, porter un véritable programme de rupture et confronter le RN comme LFI à leurs contradictions. Une réponse politique au dégagisme qui ne peut plus se résumer à invoquer le « barrage républicain ».
« Il faut pouvoir proposer aux Français une alternative à la bourrasque extrémiste du tandem Mélenchon-Le Pen. » Cette exigence résume le fil de son intervention. Pour Jean-François Copé, empêcher la dispersion des candidatures ne constitue qu’un préalable. L’enjeu véritable consiste à reconstruire une droite de gouvernement capable de convaincre à nouveau par ses idées, sa méthode et ses résultats.
Un candidat unique pour reconstruire une droite de gouvernement
L’appel au dialogue lancé par Édouard Philippe aux autres candidats de la droite et du centre marque, selon Jean-François Copé, non pas « le début de la panique », mais « le début de la sagesse ».
Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Gabriel Attal devront nécessairement se parler. « C’est même indispensable que les trois se parlent. Parce qu’en réalité, on est en train de jouer le sort de la France », a-t-il averti.
Depuis plusieurs mois, la multiplication des candidatures entretient le risque d’une élimination dès le premier tour. La primaire ayant été refusée, les rapports de force mesurés dans la durée devront nécessairement contribuer à l’arbitrage. Mais la réunion des personnes ne suffira pas : elle doit permettre de structurer une offre identifiable de droite et de centre droit.
Les électeurs doivent pouvoir distinguer clairement une droite de gouvernement, assumant ses convictions et prête à exercer le pouvoir, des projets portés par le RN et LFI. L’unité n’a de sens que si elle sert une orientation politique.
Le barrage ne suffit plus : il faut proposer une rupture
Les appels au barrage ont perdu leur efficacité. Ils désignent un danger sans répondre aux préoccupations qui nourrissent le vote populiste. « On ne peut pas simplement dire : “On fait barrage.” Il faut proposer une rupture », a résumé Jean-François Copé.
Cette rupture doit se traduire dans quelques priorités immédiatement compréhensibles : restaurer l’autorité à l’école, assurer la sécurité, maîtriser l’immigration, réduire les dépenses publiques et permettre une baisse durable des impôts.
La progression des populistes oblige également les partis de gouvernement à examiner leurs propres échecs. Leurs hésitations, leurs demi-mesures et leurs renoncements ont contribué à installer l’idée que l’alternance ne changerait plus rien. La réponse ne peut donc être une nouvelle leçon de morale. Elle doit être une démonstration d’efficacité.
Une droite de gouvernement part du réel, hiérarchise ses priorités et assume les conséquences de ses décisions. Elle préfère les réformes applicables aux promesses faciles.
La rupture, oui ; la sortie de l’État de droit, non
Jean-François Copé trace toutefois une frontière nette : la fermeté n’autorise pas à contourner les institutions. « Le rapport à l’État de droit est fondamental », a-t-il rappelé au cours de l’échange.
Le recours au référendum n’est pas interdit. Mais il ne peut servir à passer outre le Conseil constitutionnel sans révision préalable de la Constitution. Une telle méthode ferait coexister des lois conformes à la Constitution et d’autres qui ne le seraient pas, au risque de rendre l’ordre juridique incohérent.
La rupture défendue n’est donc ni l’improvisation ni le passage en force. Elle consiste à changer profondément les politiques publiques en respectant les règles démocratiques. Le courage politique se mesure aussi à la capacité de réformer les institutions selon les procédures prévues, et non à s’en affranchir lorsque celles-ci deviennent contraignantes.
Mettre les populistes à l’épreuve des faits
La campagne présidentielle sera longue. Jean-François Copé entend utiliser ce temps pour confronter méthodiquement le RN et LFI à leurs programmes, à leurs votes et aux conséquences de leurs propositions.
Sur les retraites, le voile ou encore l’accord conclu avec Nigel Farage, les prises de position de Marine Le Pen et Jordan Bardella ont révélé des contradictions. À propos de cet accord, Jean-François Copé a directement accusé Jordan Bardella d’avoir « menti aux Français », en dénonçant une présentation différente selon le public auquel le texte était destiné.
L’actualité allemande constitue également un avertissement. Le programme de l’AfD doit, selon lui, faire l’objet d’un décryptage complet, notamment sur l’enseignement de l’histoire, la politique de « remigration » et la place réservée aux enfants handicapés. À l’objection consistant à distinguer l’AfD du RN, Jean-François Copé répond qu’il faut aussi examiner les votes européens, les alliances politiques et les positions adoptées sur l’Ukraine.
La question n’est pas de procéder par amalgames, mais d’obliger chaque formation à répondre sur le fond. « Le double langage du Rassemblement national est un pur scandale », a-t-il conclu.
Transformer le rejet en choix éclairé
La déception à l’égard d’Emmanuel Macron, la lassitude devant les mêmes responsables politiques et la tentation de tout « dégager » existent. Mais le dégagisme ne constitue pas un programme.
Avant de choisir Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, les électeurs doivent regarder précisément leurs propositions et les conséquences qu’elles entraîneraient. « Un parti populiste, c’est un parti qui, par définition, ne cherche pas de solution », a expliqué Jean-François Copé. Sa méthode consiste à exploiter les émotions populaires et à proposer des réponses simplistes à des difficultés complexes.
Le rendez-vous de 2027 ne sera gagné ni par une injonction morale ni par un arrangement de dernière minute. La droite devra présenter un candidat unique, une orientation lisible et un programme de rupture à la fois courageux, applicable et respectueux de l’État de droit. C’est à cette condition qu’elle pourra offrir aux Français une véritable alternative aux populismes.