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Jean-François Copé veut rassembler la droite pour éviter un duel Le Pen–Mélenchon
Face à Sonia Mabrouk, il précise sa ligne sur la présidentielle, le voile et les finances publiques.
Présidentielle 2027 : un candidat commun d’ici la fin de l’année
« Il n’y a plus de primaire possible. » Pour Jean-François Copé, le calendrier impose désormais de préparer un rassemblement en novembre ou décembre. D’abord, une confrontation des projets ; ensuite, une candidature commune à la droite et au centre droit, autour de celui qui sera nettement le mieux placé dans les sondages. Édouard Philippe occupe alors cette position à ses yeux ; le choix définitif reste à faire.
Baisse des dépenses et des impôts, réforme de l’État, école : les projets de Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Édouard Philippe présentent déjà, dans son analyse, de nombreux points d’accord. Ce rassemblement doit aussi préparer des candidatures uniques aux législatives pour retrouver une capacité à gouverner. L’enjeu est décisif : la dispersion risquerait de laisser Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon seuls au second tour.
La rupture avec la politique d’Emmanuel Macron doit se lire dans un programme assumé à droite. Les trois prétendants ont participé au pouvoir, rappelle Jean-François Copé. La priorité pour 2027 est de reconstruire une force de gouvernement et de rétablir une alternance droite-gauche lisible.
Voile : combattre l’islamisme sans stigmatiser les musulmanes
« Je préfère en revanche être inflexible sur l’intégrisme islamiste. » Cette fermeté doit notamment s’exercer dans les prisons et les salles de sport. Jean-François Copé dénonce deux stratégies qui se répondent : la victimisation entretenue par Jean-Luc Mélenchon et la stigmatisation nourrie par le RN.
L’interdiction générale du voile dans l’espace public se heurte, selon lui, à deux obstacles : la Constitution et son application concrète. Au conseil municipal, une loi permettant cette interdiction aurait son soutien. Mais agir sans base légale exposerait la décision à une annulation et offrirait une victoire politique à ses adversaires. Sa préférence personnelle pour la discrétion des signes religieux s’accompagne de cette exigence juridique.
La légitimité électorale s’exerce dans un cadre : la séparation des pouvoirs. Réviser la Constitution ou recourir à un référendum ne doit pas servir à contourner les juges. Pour Jean-François Copé, ces garanties protègent les Français de l’arbitraire, y compris lorsqu’un dirigeant a été élu. La fermeté passe par l’application des lois et, si nécessaire, leur modification dans le respect de l’État de droit.
Dette : financer les promesses, réformer les retraites
« Nous sommes assis sur un volcan. » Pour Jean-François Copé, le risque d’une crise de la dette avant 2027 impose des économies dès les prochains mois. Son diagnostic met d’abord en cause la dissolution décidée par Emmanuel Macron et l’absence de majorité qui a suivi. Le comportement du RN et de LFI contribue aussi, à ses yeux, à la paralysie budgétaire. Une aggravation de la crise pèserait directement sur le pouvoir d’achat.
Sur les retraites, deux propositions : lier l’âge de départ à l’espérance de vie et introduire des fonds de pension. Les candidats doivent préciser leurs choix et les assumer une fois élus. La difficulté politique de ces réformes justifie, pour l’ancien ministre, le recours aux ordonnances.
Reste l’épreuve du financement. Abaisser l’âge de la retraite et réduire la TVA sur les carburants, comme le propose le RN, engendre des dépenses supplémentaires ou des recettes en moins. Jean-François Copé met en cause l’absence de financement de ces mesures. La crédibilité d’un programme se mesure aussi à sa capacité à tenir face aux contraintes budgétaires.