Pour des états généraux de la droite et du centre, premier pas vers le sursaut français

Les résultats du premier tour des régionales ont fait l’effet d’un coup de tonnerre ! Ils étaient pourtant annoncés. Au lendemain du 13 décembre, ceux du second tour font de la droite et du centre la première force politique mais certainement pas avec l’ampleur que l’on pouvait escompter !

Certes, le Front National n’a remporté aucune région et sept régions métropolitaines ont été gagnées par des listes de la droite et du centre. Nous devons saluer la victoire de nos candidats et les exploits qu’ils ont réalisés au terme de campagnes courageuses. On pourrait s’en tenir là et considérer que tout va bien … rien à signaler ! Mais je suis heureux de constater que personne n’est tombé dans ce piège. Ce sont les résultats du 6 décembre qui doivent nous guider. Car la digue est près de céder.

Bien sûr, nous avons gagné sept régions en métropole, mais deux l’ont été avec la gauche, qui en a par ailleurs conservé cinq.

Bien sûr, les Français se sont mobilisés hier en nombre pour faire obstacle au Front National. Mais son score dans chacune des régions est demeuré stable et il a progressé en nombre de voix quasiment partout entre les deux tours. Preuve est ainsi faite que nombreux sont ceux qui n’ayant pas voté au premier tour se sont déplacés pour leur apporter leurs suffrages. Et que jamais autant de Français n’ont, sur le plan national, voté pour ce parti, alors même que l’abstention demeure élevée en comparaison d’autres types de scrutin.

Pas de réelle victoire donc si l’on songe que, dans la foulée de la vague bleue des municipales et des départementales, nous aurions dû logiquement capter beaucoup plus de suffrages des mécontents de la gauche. C’est ce que nous avions réussi en 1992 ; c’est ce que la gauche a réussi en 2004 et 2010 alors que nous étions au pouvoir. C’est donc un gigantesque avertissement que les Français nous ont adressé !

La progression constante du Front National est désormais un fait acquis. Elle est d’abord le résultat du malaise que ressentent nos concitoyens et sur l’ampleur duquel, à chaque échéance électorale, ils ne cessent de nous alerter. Depuis dix-huit mois, j’ai pris mon bâton de pèlerin et parcouru la France. Cette France dite « profonde » et de plus en plus « périphérique », si belle mais parfois délaissée. Où les Français se sentent souvent tenus à l’écart, victimes de la mondialisation, alors qu’ils possèdent en eux tant d’atouts et d’énergie. Partout, je les ai écoutés et j’ai entendu les mêmes phrases, les mêmes reproches : « On ne vous croit plus ! » « Vous ne le faites jamais quand vous êtes élu ! » « Qu’est-ce qui nous prouve que vous le ferez la prochaine fois alors que vous ne l’avez pas fait avant ? »

C’est de ce dépit, de cette perte de confiance, que le vote aux extrêmes se nourrit. Les Français n’y croient plus et, avant tout, ne croient plus en la parole politique. Trop de promesses qui n’ont pas été tenues, trop d’attentes qui ont été déçues ! Droite, gauche, ils ont le sentiment d’avoir tout essayé sans que jamais les résultats soient là. Alors pourquoi pas le Front National ?

Le moment est venu de sortir du déni. Il faut dire la réalité que vivent des millions de Français : un chômage qui ne cesse d’augmenter, des impôts sans cesse plus élevés sans que le sort de chacun s’en trouve amélioré, un ascenseur social en panne, la peur du terrorisme, des quartiers dans lesquels les lois de la République sont bafouées…

L’échec des partis de gouvernement est le résultat d’années de non-dits. L’incapacité des responsables politiques issus des partis de gouvernement, à gauche comme à droite, de proposer aux Français une analyse cohérente de la société et du monde tel qu’il est. Nous avons renoncé à une analyse objective, lucide et courageuse qui seule permettra de se rassembler naturellement sur une vision et un projet partagés.

Ces élections régionales sont la dernière alerte. Nous devons repartir à zéro car elles démontrent que nous ne sommes pas en terrain conquis !

La prochaine échéance sera l’élection présidentielle et nous devons être conscients que les prochains mois sont notre dernière chance d’ouvrir les yeux. De prendre le temps de faire le diagnostic du malaise français. C’est une absolue nécessité si l’on veut proposer des remèdes et dire enfin clairement quelle est notre vision, quel est notre projet, quelle est la France que nous voulons pour le XXIe siècle.

C’est la raison pour laquelle j’ai proposé ce matin, en Bureau Politique, de lancer des Etats Généraux consacrés à l’avenir de la France. Et je suis très heureux que cette proposition ait été adoptée. Des Etats Généraux initiés par la droite et le centre mais surtout ouverts à tous les Français !

Parce que ce projet, nous devons le construire ensemble. L’ensemble de la droite et du centre. Avec et pour l’ensemble des Français.

Je propose que le Conseil national (LR) de février donne le coup d’envoi et afin que les débats soient denses et nourris, sans tabous ni langue de bois, que les conclusions soient rendues à la fin du printemps. Nous devons prendre aussi le temps de décortiquer les fausses solutions du Front National. Traiter chaque thème en profondeur. Avec méthode et rigueur. Chacun doit pouvoir s’exprimer librement. Y compris ceux qui ne sont pas candidats aux primaires.

C’est notre responsabilité et notre devoir d’entendre les Français. D’analyser avec eux le nouveau monde dans lequel nous sommes entrés et les raisons pour lesquelles la France est aujourd’hui paralysée, bloquée, paniquée. Notre responsabilité et notre devoir de concevoir avec eux et pour eux un nouvel horizon : des objectifs clairement identifiés, les moyens de les atteindre et des engagements quant aux résultats.

C’est la responsabilité et le devoir de l’opposition ! La responsabilité et le devoir de ceux qui demain aspirent à gouverner !

Les Français nous disent qu’ils n’ont plus d’espoir ! Nous devons faire un travail de fond. Leur redonner confiance et nous engager à l’efficacité. Plus de tabous, plus de fausses promesses. La France n’est pas vouée au déclin et mettre en œuvre les propositions du Front National ne ferait que le précipiter. Leurs idées semblent simples ; elles sont simplistes et guidées par une logique erronée.

Les résultats électoraux des 6 et 13 décembre nous obligent. Le sursaut citoyen du second tour montre que les Français n’ont pas tout à fait renoncé. Les Etats généraux de la droite et du centre doivent être le premier pas vers un Sursaut français  !

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