Ils me manquent déjà...

Cette semaine, étrange sensation, inconnue depuis longtemps : je termine la notation semestrielle de mes étudiants de Sciences-Po !

J’ai vraiment adoré renouer avec l’enseignement. A la fin des années 90, j’avais enseigné l’économie et les finances publiques 5 ans à la fac de St-Denis, comme prof associé.

Cette fois le contexte était différent : les cours étaient en anglais car plus de la moitié des étudiants étaient originaires du monde entier ! Chine, Singapour, Irlande, USA, Serbie… Des étudiants qui tous indiquent l’ouverture de cette école que j’ai connue, en tant qu’étudiant, bien plus refermée ! Et puis, le thème choisi, d’un enseignement à la fois technique et généraliste : « les enjeux juridiques, politiques et économiques d’une gouvernance mondiale ».

Expérience passionnante à plusieurs titres.

D’abord voir à travers mes étudiants, à travers leurs questions, leurs exposés, leurs analyses, que la mondialisation – c’est à dire l’idée que l’appréhension des problèmes est désormais à l’échelle du monde – est une évidence positive pour tous ces jeunes (dont la maîtrise de l’anglais, est particulièrement impressionnante pour nous Français). Pour eux, aucun tabou à mettre les pays en comparaison, à passer d’un continent à l’autre pour remettre en perspective les politiques, identifier les défis et mettre en lumière les meilleures pratiques.

Ensuite mesurer la qualité de présentation et d’analyse de la méthode française… et l’aisance des étudiants français de ma conférence. Très instructif par exemple de voir le talent des uns et des autres lorsque je leur ai proposé, avec mon collègue Jean-Yves Gontier, un jeu de rôles où chacun devait jouer un chef d’état différent sur deux sujets distincts : la négociation sur le nucléaire iranien, puis la politique de facilité monétaire de la BCE (l’empoignade entre « Merkel » et « Tsipras », très réaliste ! ;-))).

Il est capital que les étudiants français puissent multiplier les expériences et ouvertures à l’étranger sous toutes leurs formes et parlent parfaitement l’anglais. Et ce, pas seulement dans les grandes écoles où se niche une élite culturelle et sociale, mais aussi de façon plus large dans nos universités et au cours de la scolarité globale de nos enfants. C’est une des conditions du « sursaut français « . Nous serons plus forts en nous nourrissant de ce que le monde nous enseigne et non en nous renfermant sur nous-mêmes, j’en suis intimement convaincu.

Enfin, intéressant et touchant fut le dialogue avec les étudiants pendant ces 5 mois. Ils ont l’âge de mes fils. On se sent un peu loin et en même temps si proche, en pressentant leur enthousiasme mais aussi leurs interrogations, leurs inquiétudes voire la fragilité de certains d’entre eux, quant à leur avenir personnel et celui de leur environnement global. Ce sera quoi en fait le 21ème siècle ???

J’ai aimé le climat de bienveillance et de respect mutuel qui a régné pendant ces deux heures hebdomadaires. On a partagé un savoir. Ils ont écouté, noté sur leurs claviers, interrompu notre parole pour questionner, compléter, douter. Que voulais-je qu’ils retiennent ? Une exigence de connaissances techniques. Le respect strict d’une méthode de travail. L’élaboration de leur propre jugement critique.

Ils me manquent déjà….

JFC

Crédits photo : Franck Fife / AFP/Archives

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