Il faut un tournant sécuritaire pour réarmer la France !

François Hollande vient d’annoncer qu’il allait augmenter de 300 millions d’euros le budget de la police et de la gendarmerie. Une aumône !

François Hollande vient d’annoncer qu’il allait augmenter de 300 millions d’euros le budget de la police et de la gendarmerie. C’est mieux que rien. Mais cela demeure dérisoire. 300 millions d’euros c’est à peine 0,01% du PIB français... Une aumône qui ne réglera rien !

La gauche n’a pas pris la mesure de l’ampleur du problème. Que se passe-t-il dans notre pays ? Ces mêmes policiers, que la foule applaudissait après les attentats de janvier 2015, subissent les attaques répétées de voyous, d’islamistes ou de gauchistes pour lesquels le simple fait de porter un uniforme fait d’eux une cible. La violence n’a plus de limites : je pense à ce couple de policiers égorgés à leur domicile par un islamiste ou à ces deux agents brûlés dans leur voiture à Viry-Châtillon. Et, face à cette escalade de la haine, les forces de l’ordre sont démunies. Elles manquent de tout : de considération, de moyens financiers et humains, d’arsenal judiciaire adapté... La France est aujourd’hui sous–sécurisée. La France est vulnérable.

La vérité m’oblige à dire que le problème ne date pas, hélas, de François Hollande. Nous payons le prix de trente ans de reculades des Présidents successifs sur les questions d’autorité. Reculades quand les effectifs de police, de gendarmerie (près de 13.000 postes en moins entre 2007 et 2012) et de l’armée (43.686 suppressions de postes pendant le quinquennat précédent) ont été sacrifiés. Reculades quand l’arsenal pénal a été démantelé ou que les constructions de prison ont été annulées. Reculades quand le patriotisme a été abandonné à l’extrême droite au motif que cela était ringard. Ceux qui étaient alors aux responsabilités disent aujourd’hui pour se justifier que le "contexte" n’était pas le même il y a dix ans. Cela ne tient pas la route : depuis le 11 septembre 2001, nous savons que l’islamisme a déclaré la guerre à l’Occident. Depuis les émeutes de 2005, nous savons que certains quartiers de France sont des zones de non-droit où les forces de l’ordre sont menacées...

Il faut, comme je le demande depuis des mois, un programme massif d’embauche de 50.000 policiers, gendarmes, militaires, magistrats, gardiens de prison.
Alors que faire pour changer la donne ? Nous avons besoin d’une vraie rupture. Je ne vois qu’une seule solution : assumer un tournant sécuritaire et réarmer la France.

La réarmer d’un point de vue régalien : il faut, comme je le demande depuis des mois, un programme massif d’embauche de 50.000 policiers, gendarmes, militaires, magistrats, gardiens de prison. Dans le détail, je veux recruter 10.000 policiers et 10.000 gendarmes pour assurer la sécurité publique du quotidien (renforcement des commissariats et des brigades de gendarmerie) ; 5000 policiers spécialisés au profit des missions d’investigation et de renseignement (police judiciaire, renseignement), dont 2500 à la police judiciaire, 1500 à la DGSI et 1000 au renseignement territorial ; 5000 policiers municipaux ; 10.000 personnels judiciaires, soit 5000 magistrats et 5000 personnels pénitentiaires ; 10.000 personnels militaires au profit des armées.

Certains dans ma famille politique, à commencer par Nicolas Sarkozy et François Fillon, s’évertuent à dire que la sécurité n’est pas une question d’effectifs et proposent peu ou pas de recrutement dans le régalien. Je ne partage pas cette opinion : pour maintenir l’ordre, traquer les délinquants, sécuriser les établissements publics, il faut bien des hommes et des femmes sur le terrain ! Tant qu’il n’y aura pas plus de policiers dans les commissariats, de gendarmes dans les gendarmeries, de magistrats dans les tribunaux nous n’arriverons pas à rétablir la situation sécuritaire en France. J’assume aussi de dire qu’il faut aider les policiers à pouvoir mieux se défendre face aux délinquants qui les attaquent avec la volonté de les assassiner. Comme le demandent les syndicats de policiers, je propose d’aligner les conditions d’utilisation de leur arme sur celles des gendarmes, qui ont le droit de tirer pour se protéger après sommations.

Comme le demandent les syndicats de policiers, je propose d’aligner les conditions d’utilisation de leur arme sur celles des gendarmes, qui ont le droit de tirer pour se protéger après sommations.

Le réarmement doit aussi être pénal pour éviter tout laxisme. Il faut en finir avec le sentiment d’impunité qui habite ces délinquants "bien connus des services de police" sans cesse arrêtés, sans cesse relâchés. C’est pour cela que je propose la suppression des aménagements et réductions automatiques en prévoyant que la peine prononcée intègre les conditions de son application. En 2009, Nicolas Sarkozy avait fait voter le principe de l’aménagement des peines pour toute personne condamnée jusqu’à deux ans de prison. C’était une erreur. Il nous faudra la corriger. Ainsi je veux interdire une remise de peine avant que les deux tiers de la peine ne soient effectués. Il faut aussi rétablir les "peines plancher" pour les récidivistes et les étendre aux réitérants. J’ajoute que j’assumerai aussi de rétablir la double peine assouplie en 2003. Cette politique de fermeté nécessitera de construire 20.000 places de prison.

Il faut en finir avec le sentiment d’impunité qui habite ces délinquants "bien connus des services de police". Je propose la suppression des aménagements et réductions automatiques en prévoyant que la peine prononcée intègre les conditions de son application.

Plus profondément, le réarmement devra être aussi patriotique. L’anarchie est innée mais l’ordre s’apprend ! L’autorité, le respect, le patriotisme doivent être remis à l’ordre du jour. Et cela dès l’école. C’est ainsi que j’ai proposé des cérémonies de lever du drapeau tricolore et de chant de la marseillaise dans tous les établissements scolaires de France. Je souhaite aussi que l’uniforme soit rendu obligatoire pour donner des repères aux Français dès le plus jeune âge. Enfin, nous devons mettre en place un projet fédérateur qui rassemblera les Français quels que soient leurs origines. A cet égard, je suis le seul candidat à la primaire à proposer un service national obligatoire. On ne peut se lamenter sur la montée de l’individualisme et des violences et ne pas vouloir recréer un véritable creuset républicain !

Je suis le seul candidat à la primaire à proposer un service national obligatoire.

Toutes ces mesures devront être adoptées par ordonnances dès l’été 2017. Nous sommes à la croisée des chemins. Si nous ne réagissons pas vite et fort, si nous ne nous inscrivons pas en rupture avec des années de laxisme, si nous laissons policiers et gendarmes à la merci de voyous, si nous ne réarmons par la France alors le délitement déjà à l’œuvre de notre pays s’accélérera peut-être irrémédiablement. On ne recule plus sur l’autorité !

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