« Face au terrorisme islamiste, ne reculons plus. Il faut une rupture totale ! »

« Quarante ans de reculade, de démission, d’angélisme ont affaibli notre pays. L’assistanat a été préféré au mérite. Le multiculturalisme au culte de la patrie. L’égalitarisme au goût de l’excellence. La repentance à la fierté. La culture de l’excuse à la fermeté. Le communautarisme à la laïcité. Le social au régalien »

Toulouse, Montauban, Charlie, l’Hyper Cacher, Villejuif, Saint-Quentin-Fallavier, Saint-Denis, le Bataclan, Magnanville, Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray… Jusqu’à quand allons-nous égrener les noms de lieux où des Français sont tragiquement assassinés par l’ignominie barbare du terrorisme islamiste ? Jusqu’à quand allons-nous nous contenter de discours, d’hommages et de larmes pour lutter contre la violence ? Jusqu’à quand allons-nous croire que le statu quo suffira à vaincre un ennemi qui égorge des Français jusque dans des lieux de culte ?

Aussi longtemps que nous n’accepterons pas de regarder les choses en face.

Bien sûr, nous combattons un ennemi extérieur du nom de Daech, qui prône un totalitarisme islamiste dont la violence inouïe séduit une part très minoritaire mais non négligeable de nos jeunes. Cet ennemi extérieur, il faut l’éradiquer militairement. C’est ce à quoi j’appelais, il y a un an, dans une tribune publiée avec Antoine Sfeir qui nous valut les remontrances de bonnes âmes qui nous trouvaient alors excessifs… Cet effort militaire doit être poursuivi.

Mais éradiquer Daech en Irak et en Syrie ne suffira pas à sécuriser la France. Car désormais l’ennemi est parmi nous. La plupart des terroristes qui nous frappent sont Français, Européens, ou vivent depuis longtemps dans notre pays. Ils ont bénéficié de nos politiques d’éducation, de santé… et se retournent contre nous. Daech sert de catalyseur à une haine latente de la France qui n’attendait qu’une étincelle pour s’embraser.

Comment en est-on arrivé là ? A force de renoncements. Quarante ans de reculade, de démission, d’angélisme qui ont affaibli notre pays. L’assistanat a été préféré au mérite. Le multiculturalisme au culte de la patrie. L’égalitarisme au goût de l’excellence. La repentance à la fierté. La culture de l’excuse à la fermeté. Le communautarisme à la laïcité. Le social au régalien…

Les dénis de réalité nous ont menés, droite et gauche confondues, à abandonner certains de nos fondamentaux. Nous avons laissé le drapeau et le roman national au FN, réduit inconsidérément les effectifs de la police et de la gendarmerie, refusé de voir que l’islam, absent de France en 1905, imposait que notre droit évolue.

Résultat, nous nous sommes laissé désarmer. Maire de Meaux, j’ai été l’un des premiers à prôner « la droite décomplexée ». J’ai initié le combat pour l’interdiction de la burqa, quand on me disait à l’Elysée ou Matignon qu’on n’allait « pas faire une loi pour quelques centaines de femmes ». J’ai dénoncé l’intégrisme à l’œuvre jusque dans les petits riens du quotidien, avec l’affaire du pain au chocolat. Un journaliste m’a même reproché de faire le lit de l’extrême droite parce que j’avais choisi des drapeaux français comme couverture du Manifeste pour une droite décomplexée en 2012…

De tels dénis de réalité nous ont menés, droite et gauche confondues, à abandonner certains de nos fondamentaux. Nous avons laissé le drapeau et le roman national au FN. Nous avons réduit inconsidérément les effectifs de la police et de la gendarmerie. Nous avons refusé de voir que l’islam, absent de France en 1905, imposait que notre droit évolue. Nous avons refusé de punir ceux qui professaient le rejet de notre pays. Autant d’erreurs dont nous payons le prix aujourd’hui…

Alors que faire ? Ne plus reculer ! Oui, le combat sera long et difficile, mais nous pouvons le gagner. En nommant les choses : ceux qui frappent notre pays ne sont pas des « déséquilibrés », « forcenés » ou autres « victimes sociales », et se revendiquent eux-mêmes du terrorisme islamiste. En ne proposant pas de mesures gadgets : l’attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray montre que l’idée de mettre un bracelet aux fichés S ou de les assigner à résidence est inopérante… En n’alimentant pas d’inutiles polémiques sur les responsabilités de tel ou tel, au risque de nous faire perdre de vue l’essentiel : la stratégie à mettre en place pour gagner la guerre en France.

Le statu quo proposé par François Hollande est une impasse. L’état d’urgence était en vigueur à Nice comme à Saint-Etienne-du-Rouvray. L’opération sentinelle épuise nos forces armées. Et tout cela ne permet pas de gagner la guerre sur notre sol. L’heure est venue d’une vraie rupture, celle qui n’est pas intervenue après 2007 et que je mettrai en œuvre par ordonnances.

Les dépenses sociales, 33 % du PIB. La sécurité, 3 %. C’est cette logique que nous devons inverser : l’Etat doit réinvestir le régalien et laisser les entreprises travailler ! Nous devons embaucher 50 000 policiers, gendarmes, magistrats, gardiens de prison, militaires supplémentaires.

Rupture en rééquilibrant l’action de l’Etat en faveur du régalien plutôt que du social. Deux chiffres disent tout. Les dépenses sociales, 33 % du PIB ; la sécurité au sens large, 3 %. C’est cette logique que nous devons inverser : l’Etat doit réinvestir le régalien et laisser les entreprises travailler ! Nous devons embaucher 50 000 policiers, gendarmes, magistrats, gardiens de prison, militaires supplémentaires. Après avoir démantelé les renseignements généraux, créer une NSA à la française qui centralise et structure la collecte du renseignement. Cela demande des moyens. Supprimons l’aide médicale d’Etat, qui assure la couverture médicale gratuite des clandestins et dont le coût dépasse un milliard d’euros, et versons ces crédits à la sécurité.

Rupture en créant une chaîne pénale spécifique entièrement dédiée à la lutte contre le terrorisme. Nous devons passer à l’offensive et anticiper. Mettre en place une rétention préalable antiterroriste de 150 jours sous contrôle d’un juge judiciaire spécial. 112 individus seraient aujourd’hui mis en examen pour terrorisme et placés sous contrôle judiciaire : incarcérons-les immédiatement pour éviter tout passage à l’acte. Ni sursis ni libération conditionnelle pour les auteurs d’infractions terroristes. A menace exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Rupture en assumant, après avoir renoncé à la double peine, qu’un étranger condamné en France doit être expulsé. Les étrangers fichés S n’ont pas davantage leur place en France.

Rupture en écrivant une nouvelle page de la laïcité pour en finir avec l’intégrisme islamiste et réaffirmer nos valeurs. A ce titre, créons un délit sanctionnant les propos islamistes radicaux, qui permette notamment d’expulser les salafistes étrangers, et interdisons le port du voile dans les établissements publics.

Rupture en reconnaissant que l’amour de la France ne va pas de soi et s’enseigne dès le plus jeune âge. C’est pour cela que je défends un lever du drapeau à l’école au chant de la Marseillaise et le rétablissement d’un service national.

Aussi longtemps qu’une politique globale de redressement et de réarmement de la France ne sera pas mise en œuvre, nous en serons réduits à pleurer nos morts sans leur faire justice, à prendre des coups sans pouvoir les parer. L’Etat de droit, oui, bien sûr ! Mais il n’a jamais été dit que les démocraties doivent être faibles. La rupture, enfin ! Et c’est maintenant !

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