En finir avec le scandale de la jungle de Calais !

La question lancinante de la « jungle » de Calais est l’exemple type de la crise du commandement qui gangrène notre pays depuis des années. Une crise qui nourrit le procès légitime de la classe politique en absence de résultats.

Revenons en quelques dates sur ce scandale qui est un serpent de mer depuis plus de 15 ans. A l’automne 1999 est créé le centre de Sangatte, une commune proche de Calais et du tunnel sous la Manche, pour faire face à l’afflux de migrants venant du Kosovo et souhaitant passer au Royaume-Uni. Très vite, les autorités sont dépassées et ce centre, prévu pour accueillir moins de 800 personnes, en recevra au moins le double. En novembre 2002, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, ferme Sangatte et déclare : « nous mettons fin à un symbole d’appel d’air de l’immigration clandestine dans le monde ». Dans la foulée, il signe en 2003 avec le Royaume-Uni les accords du Touquet puis, en 2007, modifie le protocole de Sangatte signé en 1991 et complété par un protocole additionnel en 2000, qui organisent la gestion des flux migratoires parvenant des deux côtés du Tunnel. Schématiquement, ces textes mettent à la charge de la France le contrôle de la frontière du côté de Calais et à la charge des Britanniques le contrôle du côté de Douvres. Sauf que l’essentiel des migrants arrive à Calais pour passer au Royaume-Uni et non à Douvres pour venir en France ! Et pour cause, faut-il le rappeler, la Grande-Bretagne est une île ! Sans compter que les migrants cherchent majoritairement à s’installer au Royaume-Uni et non en France … Ainsi, ces accords, équilibrés sur le papier, entérinent dans les faits que la gestion des flux de migrants vers la Grande-Bretagne est de la responsabilité quasi exclusive de la France…

En outre, la fermeture de Sangatte n’a pas réglé la question des clandestins, puisque ceux-ci continuent à se masser dans des squats proches du port de Calais, dans l’espoir de pouvoir passer la Manche. C’est ainsi que naît peu à peu, à partir de 2005, la « jungle » de Calais où près de 700 migrants s’entassent dans la misère, l’insalubrité et l’insécurité créant un climat de violence insupportable. En septembre 2009, cette « jungle » est évacuée. Le nombre de migrants dans la zone de Calais décroit alors. Mais, en 2014, avec la déstabilisation généralisée du Proche-Orient et de la Libye, le problème ressurgit avec de nouveau près de 700 migrants qui recréent une « jungle ». Le camp est démantelé en juillet 2014. Les migrants se retrouvent en partie dans la ville qui devient le théâtre d’affrontements entre communautés rivales et bandes mafieuses qui veulent imposer leur loi. Face à cette anarchie, Bernard Cazeneuve créé début 2015 un centre d’accueil à côté de la jungle pouvant accueillir 1 500 personnes destiné aux femmes et aux enfants. Dès février 2016, ce sont près de 3 000 migrants qui sont sur la jungle… Et voilà qu’on apprend que, selon le recensement officiel effectué par la préfecture du Pas-de-Calais au milieu de ce mois d’août, ce serait près de 7 000 migrants qui vivraient dans ce bidonville dans des conditions indignes pour eux-mêmes et insupportables pour les riverains. Ils seraient même plus de 9 000 selon des associations d’aide aux migrants…

En clair, tout ce que la gauche et la droite ont entrepris depuis plus de quinze ans sur le sujet a échoué. Beaucoup de moulinets pour peu de résultats. Et ce pour plusieurs raisons : parce que les hommes politiques ont eu la main qui tremble ; parce que notre politique de contrôle des flux migratoires est inefficace (nous ne maîtrisons pas les frontières extérieures de Schengen, nous n’expulsons pas les clandestins, notre filière de l’asile est dévoyée…) ; parce que les accords signés avec les Britanniques sont léonins (Calais est un problème britannique, puisque les migrants veulent entrer au Royaume-Uni, pourtant c’est la France qui finance et assure le contrôle de cette frontière sans contrepartie !) ; enfin parce que nous avons mené une politique extérieure catastrophique (intervention en Libye, gestion désastreuse de la crise syrienne en soutenant des groupes rebelles islamistes, faiblesse face à la Turquie…) qui a mené au chaos en Méditerranée et à l’afflux inédit de réfugiés et de migrants en Europe.

Cette situation ne peut plus durer. Elle est une angoisse pour les Calaisiens et une honte pour la dignité des migrants. Nous devons y mettre fin de manière rapide et définitive. C’est la raison pour laquelle je propose un plan d’action en 6 points. Si j’emporte la primaire de la droite et du centre et si je suis élu Président de la République, ce plan sera lancé dès le mois de juin 2017.

1) Je prends l’engagement de régler la situation de Calais en 3 mois maximum, car ce qui fait aujourd’hui le plus défaut dans ce dossier, c’est le commandement et l’engagement d’apporter une solution définitive.

2) Je déciderai du transfert, dans le respect des conditions humanitaires internationales, des migrants dans un centre fermé (une caserne de l’armée réaffectée) pour un examen de toutes les situations individuelles. Cet examen sera réalisé sous 1 mois par l’ensemble des services administratifs concernés (préfectures, OFPRA, OFII), sous l’autorité d’un préfet spécifiquement chargé du suivi de ce dossier.

3) Je ferai immédiatement détruire la jungle de Calais par l’armée : nous ne pouvons tolérer de tels bidonvilles sur le sol français.

4) Les migrants qui seront en situation clandestine sur le territoire français seront éloignés, notamment ceux dont l’examen de la situation aura démontré qu’ils ne sont pas éligibles au droit d’asile.

5) J’engagerai une négociation sans conditions avec le Royaume-Uni afin que ces opérations soient co-financées par les Britanniques. L’accord négocié prévoira également le transfert d’un contingent de migrants qui souhaiteraient déposer leur demande d’asile au Royaume-Uni.

6) Pour l’avenir, je négocierai de nouveaux accords migratoires et frontaliers équilibrés avec le Royaume-Uni. En d’autres termes, cela signifie de renégocier les accords du Touquet et le Protocole de Sangatte, signés à l’époque par Nicolas Sarkozy : il n’est plus possible que nous fassions le « job » de la maitrise de la frontière anglaise, sans contrepartie financière ou humaine. Il faut mettre Londres face à ses responsabilités et engager une négociation dure, quitte, s’il le faut, à laisser passer les clandestins en Angleterre pour faire bouger les lignes.

Bien sûr, pour régler durablement ce problème des migrants à Calais, il faudra à la fois augmenter les moyens donnés au régalien en France (la création de 50 000 postes de policiers, gendarmes, magistrats, militaires, gardiens de prison…), renforcer le contrôle de l’immigration et réorienter notre politique étrangère vers plus de réalisme. Sur ces deux derniers points, je ferai prochainement sur ce blog des propositions précises. En mettant en œuvre mon plan, le problème de Calais peut être réglé en quelques semaines. C’est une question de volonté politique, il s’agit de dire maintenant sur Calais, « On ne recule plus » !

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Commentaires

  • BERILLON Jean-Michel

    , par BERILLON Jean-Michel Répondre

    Mais que ferez-vous des opposants à votre action, activistes d’extrème gauche, ONG, etc...?

  • dos

    , par dos Répondre

    mr cope
    une proposition en dehors du sujet ; prenons le monde dans son ensemble l agriculture ;la France peut elle produire de la canne a sucre ,des dattes,bananes ,manioc etc reportons ce système a l être humains et vous aurez une France agréable a vivre et pour finir interdire un parti politique de proposer une loi bien souvent elle est partisane ,revenir a la distribution des rôles au prorata de leur cotisants exemple les syndicats avec ss etc il faudra revenir a ce que un député soit libre nous constatons nous avançons de manière partisane et non pour la France

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